J'en suis à mon deuxième séjour à l'hopital psychiatrique, il faut pas le dire mais j'aime l'hopital, c'est un havre de paix et j'adore mon docteur, j'y vais avec plaisir en consultation, j'y rencontre des potes, des infirmières sympa.
Il y a deux manières de s'y retrouver, j'ai testé les deux.
Première manière(la mauvaise) on te place là... (ta femme ton mari tes parents tes enfants, le prefet) là ça se passe pas bien. On te shoote aux médicaments et on t'enferme dans une pièce capitonée, t'as une bouteille d'eau et tu t'endors cassé et frustré d'être enfermé, t'es en prison quoi. Le lendemain tu frappes à la porte t'as envie de pisser et personne viens t'ouvrir. Tu as deux solutions, pisser par terre ou bien dans ta bouteille. Inhumain l'affaire. Apres tu te retrouves en pyjama, tu as du mal à parler avec les effets secondaires des medocs mais enfin tu te retrouves à dejeuner avec les autres puis si tu vas pas trop mal (si tu es pas revolté haineux excédé) on te donne une chambre.
Deuxième manière tu vas de toi même à l'hopital : là ben c'est cool on te donne une chambre et un traitement, l'hotel quoi.
A l'hopital il faut acquérir des grades (un statut).
Premier grade : obtenir la clef de ton casier ce qui te permet de t'habiller, te raser, te maquiller pour une femme, en bref se faire beau au lieu d'être en pyjama de l'hopital. ça peut paraitre con mais quand tu as ta clef autour du cou tu es fier de ce statut, tu es plus le traine savate en pyjama. Certains ne franchirons jamais ce stade, certains n'auront jamais leur chambre et dormiront en cellule tout le temps, les agités.
Deuxième grade : Avoir le droit de sortir, très important si tu fumes, ça peut commencer par une demi heure par jour mais c'est très important d'avoir le droit de sortir parce que sinon tu es en prison dans cet univers fermé où les fenetres ne s'ouvrent pas, où toutes les portes exterieurs sont fermées à clef... ça te permet aussid'aller acheter quelque chose ne serait-ce qu'un café à la cafet. Il faut savoir qu'on mange mal à l'hopital. Certains (les fugueurs) ne franchiront jamais ce cap.
Troisème grade : Avoir une pemission, très important si tu veux voir tes enfants car sans celà ils n'ont pas le droit de visite. Important aussi parce que le week end est morose à l'hopital, il n'y a pas de docteurs donc on ne peut pas te changer ton traitement ni t'accorder de droit de sortie supplémentaire, il n'y a pas de travail manuel (ergothérapie) on se fait chier...
La vie à l'hopital : Il y a plein de points positifs, l'ergothérapie te permet d'avoir une activité manuelle tres diverse (peinture sur soie, poterie email, peinture, perles, portes clefs, etc etc) parfois même musique. La guérison passe par là pour moi.
Les jeux : on trouve toujours des camarades pour jouer aux cartes, aux echecs ou à divers jeux de société.
La télé : pour les autres.
Ta chambre : tu peux lire peinard ou dessiner ou écrire, ou fumer en douce la fenetre entrouverte.En bref tu peux t'isoler.
Les repas les prises de médicaments, les visites au docteur : ils rythment ta journée.
La solidarité : on parle beaucoup entre nous et pas forcément de nos problèmes car chacun a un problème différent que ce soit le déprimé, le maniaco depressif, le psychotique, le psychopate, le schizo, le mytho.......
On parle d'un tas de trucs on est solidaires les uns des autres ça tisse des liens. Si tu te reveille à 3 heures y'a toujours bien quelqu'un aussi qui traine à 3 heures, on fume on discute... (avant la loi anti tabac)
La psychologue : tu peux la voir une heure durant et exposer tes problèmes, tenter de les résoudre....
Comment ça s'organise ? : en fait tout ce que tu fais ou dit est rapporté directement ou indirectement à ton docteur, tu n'y coupes pas, ils se réunissent (nfirmières, aides, veilleur de nuit, docteurs) tout est dit et répété.
Tu es cerné pour ton bien ou pour ton mal...
Peu importe comment tu es entré, tu en ressors grandi et avec un sentiment de liberté accru.
Les moins bien de l'hopital : tu peux tomber sur des dingues impressionants qui t'agressent mais ils se retrouvent vite fait dans leur belle chambre capitonée. Tu peux aussi tomber sur des cons mais ça n'a pas été mon cas, les félés sont gentils, les méchant ils sont pas à l'hopital, ils sont en train d'harceler leur prochain et ça les fait jouir ils vont bien mentalement, à l'hopital ce sont les victimes, voilà mon point de vue.
Tu peux aussi tomber sur du personnel soignant pas aimable ou qui se prenent pour des psys le mieux c'est de les ignorer et se rapprocher plutôt du personnel sympatique.
Conclusion : l'univers psychiatrique n'est pas un milieu effrayant, on te lobotomise pas on ne t'electrochoque pas
il n'y a pas de raison d'avoir peur. Il n'y a pas de raison d'avoir honte d'être dingue. Toute personne a le droit de douter, et les doutes ça peut t'amener là. La vie est peuplée de gens bien sur d'eux qui peuvent te mettre le doute, il faut s'en mefier. Comment detecter un harceleur ? C'est une personne auprès de laquelle tu ressens de la culpabilité, de l'infériorité. C'est un manipulateur. Méfions nous des manipulateurs, fuyons les. N'ayons pas peur de trouver refuge dans ce havre de paix qu'est l'hopital psychiatrique avec des docteurs bienveillants.
